5.11.09

thank you, come again.

et dans notre perpétuelle série de flashbacks, voici l'épisode de ce soir: le shift de nuit, au couche-tard de bellefeuille, sur le bord de la 15, à l'automne 1999.

j'ai commencé cette job-là à la fin de l'été, quand mon emploi d'été avec la ville de bellefeuille attendait de devenir un emploi d'hiver. je faisais aussi ce travail-là en même temps que je terminais mon DEC au cégep, alors il m'est arrivé une couple de fois de travailler un minuit-8, d'aller à mes cours, et de retravailler le soir.

voici donc, avec anecdotes authentiques à l'appui, une nuit de travail typique au dépanneur, quand j'avais 18 ans.

22h40. après m'être levé et avoir regardé un épisode de musique pluche, je pars de l'appart, rue castonguay (où je vis avec ma mère), et je me rends à pied au dépanneur, à travers mgr-dubois, le parking du carrefour, et les deux viaducs au-dessus de la 15.
23:15. j'arrive à la job, je jase cinq minutes avec la vieille fumeuse qui fait le shift de soir et je commence 45 minutes en avance.
23:20. je mesure combien il reste de gaz dans les grosses tinques souterraines, et mes mains vont sentir le gaz pendant des heures.
00:08. j'ai entré le mauvais code pendant le changement de shift, et le boss arrive en beau câlice pour venir arranger l'ordinateur.
00:23. remplissage de la machine à café. elle est brisée et crache 6-7 cappucinos gratis au début de mon shift.
00:56. je remplis les liqueurs, sans jamais finir par comprendre pourquoi les bouteilles de crème soda sont aussi collantes.
01:21. le frigidaire à lait sent le tabarnac.
01:39. je remplis le frigo à bière et constate qu'on a encore vendu beaucoup de tornade et de boomerang, parce qu'on est en 1999.
01:57. mon boss pour la ville de bellefeuille, qui s'adonne à être un des meilleurs amis du fils de mon boss présent, ne comprend pas qu'il faut payer avant de mettre du gaz. il rentre, paye, rembarque dans son char, repart et arrache le tuyau d'après la pompe. ressort du char extrèmement confu, petits yeux rouges.
02:09. mark m'appelle, du couche-tard en face de l'hôpital, où il fait son shift à lui, pour me dire que deux gais sont entrés pour lui demander des condoms "les plus lubrifiés possible, parce que c'est sec à c't'heure-là".
02:31. je trouve la feuille qui dicte toutes les pâtisseries que j'ai à préparer pour le matin. quarante muffins, dix galettes, des brioches, des croissants, des biscuits, pis ben du pain baguette.
03:02. étant donné que j'avais mal rebarré la porte après le dernier client, je fais un ostie de saut en aperçevant qu'il y a deux personnes plantées en arrière de moi, et qui depuis tantôt m'entendent chanter à tue-tête les tracks 42 à 49 de short music for short people.
03:11. après son shift dans un bar du quartier industriel, une danseuse sort un sac de coke de sa sacoche et me demande la clé des toilettes en braillant.
03:48. vu qu'il n'a pas de gaz ni de pâtisseries à préparer, mark m'appelle encore pour me dire qu'il y a un espèce de robineux méga-weird dans son dépanneur qui lui raconte plein de conneries depuis une heure. il sera baptisé hobo con.
04:20. je m'écrase quinze minutes avec un kaiser jambon-fromage suisse, un sunny d, et une revue de snow.
04:34. l'espèce de gros dude qui fait de la radio à cime et qui est un des propriétaires du shack arrive, et comme à tous les soirs, achète toutes les galettes qu'y a dans place.
04:51. wow, ça cleane en estie, six cappucinos.
05:21. mark s'emmerde, appelle et me propose d'aller s'écraser chez lui en finissant, commander une pizza et regarder platine.
05:56. heille, c'est beau pareil, un lever de soleil au-dessus de l'autoroute.
06:24. vieux monsieur, un journal, un cherry blossom.
06:58. combien est-ce qu'il faut que tu sois alcoolique pour venir attendre que le gars enlève les cadenas de sur les portes du frigo à bière?!
07:17. nettoyeur liché, deux paquets de colts mild.
07:49. je remets à un quelconque client sympathique choisi au hasard un énorme muffin orange-canneberges, précédemment gardé de côté pour être éventuellement remis à un quelconque client sympathique en quête d'un muffin orange-canneberges.
08:02. ma caisse balance enCORE à la cenne près. in your face.
11:14. pas dormi de la nuit, répond à la porte pour payer une x-large fromage-saucisses, traite le livreur comme un client: "merci, bonne journée, à la prochaine".

3 commentaires:

Tubby Bitch a dit...

Savoureux!

Amé a dit...

croustillant!!!!

monsieur seb a dit...

faible en gras!