alors je pars me perdre dans des vieux étés moins intenses, en l'occurence l'été 1999. un été de débauche quasi-totale entre deux sessions de sciences humaines au cégep. j'avais une job, mais je travaillais pas fort. j'ai travaillé tout cet été-là au parc richer à bellefeuille, à
j'aimais pas vraiment le coin où j'habitais. ça sentait la mueller à plein nez et j'avais des réfugiés kosovars (référence authentique de 1999) comme voisins d'à côté, et ça se gueulait après en yougoslave à journée longue. donc, je passais la plupart de mon temps chez mark (quoique ça s'est compliqué quand il a réussi à se faire -- gasp!-- une blonde) ou chez paul, qui habitait une belle grosse baraque à st-sauveur. sa chambre était un énorme bordel multi-pièces où les posters de film pouvaient se compter par centaines. grosse TV, jeux vidéos en masse, [un petit chien en plâtre], 200+ cds, ça n'en prenait pas gros pour m'impressioner à l'époque et on trippait audio-visuellement au boutte pendant plusieurs soirées où les excès de dr.pepper et de doritos poudreuses étaient communs. il commençait même à avoir de ces nouveaux films sur disque! c'était vraiment hot.
gros films de l'été 1999:
star wars, episode 1: the phantom menace (on trouvait des produits dérivés de ce film-là PARTOUT!)
the matrix
elvis gratton 2
wild wild west
austin powers 2: the spy who shagged me
the sixth sense
the mummy
the blair witch project
summer of sam

quand je dis que cet été-là a été sous le signe de la débauche, c'est parce que j'ai eu 18 ans. sentant que je devais faire de quoi de spécial, je me suis teint les cheveux en vert et j'ai dépensé un bon 40$ à la SAQ pour me faire un gros party avec mes deux buddies. quelques heinekens, une couple de two dogs, un 10oz de rhum (-and-coke, mais 50/50 parce que je savais pas mélanger), un 10oz de bailey's (paul avait pu de lait chez eux, alors je me les suis fait avec de la crème 35%), et une grosse bière foster's. en deux heures. j'ai donc commencé à être majeurement cave et déparler comme un crisse. pendant que j'étais aux toilettes, mark est allé chercher une caméra vidéo dans son char et l'a placé sur le top de la télé. j'ai donc dû, le lendemain, écouter un documentaire de deux heures sur combien j'ai l'air d'un cave quand je bois. je n'ai jamais bu autant par la suite (prenez-en bien note!), mais j'ai pu avoir ma revanche sur mark deux semaines plus tard.

entre la mi- et la fin-juillet, paul avait, pour une raison qui m'échappe, switché d'étage avec sa soeur. il vivait maintenant en haut, avec une grosse cuisine, un salon vitré à la grandeur et un balcon énorme. et un bon 300 bouteilles de bières, toutes différentes les unes des autres, étalées sur une tablette en haut de la fenêtre (pour vous donner une idée de combien grande était la fenêtre). mark semblait avoir pris goût à l'alcool, et on s'est ramassé avec un 26oz de rhum, un 26oz de jack, et une bouteille de vodka. et j'ai fait boire à mark une quarantaine de shooters (quatre fois le canada au complet) dans la soirée, pendant qu'on regardait contact en mangeant de la pizza froide du club price. je n'ai plus jamais mangé de pizza non-cuite par après, et je n'ai pas bu de rhum jusqu'à un certain party de job à l'automne dernier. mark a été MALADE comme le tabarnak, et mes 20-25 shooters mélangés m'ont donné crissement mal à tête le lendemain. ça été mon pire lendemain de veille à vie, mais ça valait tellement la peine d'entendre mark me dire, tel un grand sage ou un philosophe, "crisse, toé tu sais pas c'est quoi être saoul tabarnak... moé j'ai bu pour de vrai à soir pis regarde, chu saoul pour de vrai, câlice... moé je l'sais c'est quoi... BLEUUUUURRRRH".

un autre point marquant sur notre ligne de temps: woodstock 99. je suis pas allé, bien sûr, mais je l'ai écouté toute la fin de semaine live à the buzz, en jouant à nhl 98 sur le playstation 1 de mon beau-frère. et je me souviens qu'il faisait crissement chaud. je considère que ce festival-là a presque tué la musique alternative, ou du moins l'a mis dans un coma pendant 3-4 ans. c'est là que les bullies ont gagné. beaucoup de bouette, beaucoup de marde, beaucoup de rage, beaucoup de tits, beaucoup de feu. et un gros cave avec une casquette rouge qui gueule au monde de toute péter. c'a donné un christie de bon show pareil. bah, de loin, en tout cas.
mes gros albums de l'été 1999:
short music for short people
me first and the gimme gimmes - are a drag
red hot chili peppers - californication
honest don's greatest shits
goldfinger - goldfinger
everclear - so much for the afterglow
reel big fish - turn the radio off
ska trax: the new generation
blur - 13
manau - panique celtique
brain candy soundtrack
sixpence none the richer - s/t
the lemonheads - the atlantic years
et ces fameuses journées entières à traîner dans les rues de montréal. on embarquait avec la mère à mark à 6 heures le matin, et on se rendait downtown à partir de du collège. des heures à niaiser dans la jungle du centre-ville ("chère céline, je suis venu chez nickels juste pour pouvoir aller chier dans ton charmant établissement"), et parfois même dans le désert aride qu'était le quartier industriel, à chercher un espèce d'entrepôt énorme de posters de film qui s'avéra être un klondike inespéré pour les deux plus gros cinéphiles du cégep de saint-jérôme. ou sinon, arpenter le gros gros hmv d'un bout à l'autre pendant des journées entières, ou encore feu sam the record man. c'était gros pour moi, de me lâcher lousse en ville. c'était le plus de liberté que je pouvais avoir à ce moment-là. même prendre le métro m'énervait, j'avais l'air d'un touriste.
playlist de été hits, 1999
len - steal my sunshine
blink 182 - what's my age again?
red hot chili peppers - californication
zebda - tomber la chemise
blur - coffee & tv
reel big fish - take on me
me first and the gimme gimmes - don't cry for me argentina
the chemical brothers - let forever be
les marmottes aplaties - bagnole
the tea party - heaven coming down
cibo matto - sci-fi wasabi
fountains of wayne - denise
smash mouth - all star
citizen king - better days
tal bachman - she's so high
santana - smooth
madonna - beautiful stranger
et crissement trop de fuel à pop guy.
il reste une chose que j'ai encore beaucoup de misère à comprendre aujourd'hui. à part de tout les cds, les billets de cinéma, les chips poudreuses, les pizzas nocturnes et les deux-litres de liqueur à tout les soirs, j'ai pris 600$ de mon argent pour me payer des cours de conduite. quatre cours théoriques en juillet 1999, et un paquet de cours pratiques très démoralisants à l'automne. et le destin aura fait que quand je suis allé m'écraser dans le fond de la classe (par paranoïa totale -- je suis constamment convaincu que le monde m'observe), la fille qui est venue s'asseoir à côté de moi partage maintenant mon coeur...
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