on s'en retourne il y a dix ans, début juillet 1998. pas que c'était nécessairement mieux, mais c'est le fun de retourner en arrière des fois pour comparer. il y a dix ans (holy shit), il me restait encore une dizaine de jours avant de pénétrer le marché du travail pour la première fois. je venais de finir ma première année de cégep, et je passais mon été à chiller dans le sous-sol (pour dodger mon cousin fatigant) et à transcrire des paroles de tounes pour mon site web, même si tous les sites web de paroles de tounes étaient en train de se faire fermer pour copyright infringement. mais je continuais tout de même ma pratique odieuse, parce que taper les paroles des tounes me les faisait apprendre par coeur.
notre culture tournait autour du niaisage: on avait passé toute l'année d'avant à citer du beavis and butt-head, j'avais les cheveux orange et ma vie consistait à arriver une heure en avance au cégep pour aller chatter, et à regarder la merde que la télé américaine avait à m'offrir (ally mcbeal, er, the x-files, dharma & greg, two guys a girl and a pizza place) toute la soirée. mon idole était le chihuahua de taco bell et j'étais détruit parce que le jazz avait perdu en finale contre les bulls, mais j'étais content que les bleus torchent en coupe du monde.
(this is rené trudel, minister of municipal affairs. water safety, it's everybody's business!)
alors donc, lors d'un vendredi soir pas passé à jouer à duke nukem 3d (ou à blood, ou à destruction derby), parce que mark trimmait dur sur une ferme à huntingdon (à l'époque où personne n'avait entendu parler de cette ville), je feuillette l'horaire télé à la recherche de quoi de bon.
CBC, vendredi 3 juillet 1998, 23:45
MALLRATS (6)
USA, 1995. Comédie de K.Smith avec J.Lee et J.London. Une bande de jeunes loubards tente d'empêcher le tournage d'un quiz télé dans un centre commercial.
à première vue, je me dis "ça l'air poche", mais je me dis que je vois quand même tout le temps le soundtrack annoncé dans mon catalogue de maison columbia, et qu'il contient du weezer, du wax et du elastica. et que ça fait deux semaines que j'écoute non-stop mon album d'elastica que j'ai acheté used au cyber-image. et après avoir constaté que les invités à letterman sont nuls, je me dis que vais écouter les premières minutes pour voir. tout en le tapant, parce que je tape toute fucking toute.
suffit de trente secondes de jason lee pour que toute ma culture et ma vie bascule.
"one time my cousin walter got this cat stuck in his ass. true story. he bought it at our local mall, so the whole fiasco wound up on the news. it was embarrassing for my relatives and all, but the next week, he did it again -- different cat, same results, complete with another trip to the emergency room. so i run into him a week later in the mall and he's buying another cat. and i says to him, 'jesus, walt, what are you doing? you know you're just going to get this cat stuck in your ass too, so why don't you knock it off?' and he said to me 'brodie, how the hell else am I supposed to get the gerbil out?' my cousin is a weird guy."
j'ai regardé le film quatre fois dans la même fin de semaine, achalé insisté persisté pour que mark l'écoute (je n'ai autant insisté par la suite que pour family guy, et je le ferais encore pour lewis black). et on est tombés dans l'enfer de kevin smith et de son view askewniverse, tout comme paul, qui lui venait de découvrir clerks.

depuis, on est allé voir ses trois autres films (dogma, jay and silent bob strike back, clerks 2) le soir où ils sont sortis, et je me suis tapé deux roadtrips au new jersey, deux visites au stash, deux visites au quickstop, et deux visites à victory park.

et je trippe que ma blonde aie accepté de me suivre dans ma connerie pour le deuxième voyage. d'ailleurs, la première fois que je suis allé chez elle, quand on commençait à sortir ensemble, et que j'ai vu le poster de dogma sur la porte de sa chambre, j'ai juste su un peu plus qu'elle était the one.
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